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Nous sommes condamnés à devoir nous adapter

Pour commencer, je dois vous avouer que je n’ai jamais été d’un naturel optimiste. Malheureusement, l’état du monde actuellement tant à prouver que j’avais un peu raison. Si vous êtes comme moi et que vous avez cette sensibilité, vous avez sans doute l’impression de plus en plus d’être pris dans la maison des fous.


Cela dit, je n’éprouve aucune joie par rapport à toutes ces difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Juste un sentiment de retrouver tranquillement mes repères. Comme si je me permettais de faire confiance en cette boussole intérieure qui m’indique depuis si longtemps que nous faisons fausse route.


Je suis conscient que pour plusieurs vous avez plutôt l’impression d’être en perte de repères dans ce monde de plus en plus instable. Sincèrement, j’aimerais pouvoir vous dire que tout va finir par s’arranger, mais non.


Cette réalité que nous vivons présentement représente la fin d’un système qui nous a fait croire qu’il n’y avait aucune limite physique à nos désirs de croissance. Par notre hyperactivité économique, nous avons déstabilisé de façon irréversible ce fragile équilibre qui permet la vie sur cette terre. Nous l’avons fait en pensant pouvoir en maitriser les conséquences du haut de notre intelligence supérieure alors que nous en sommes, en réalité, au niveau des connaissances, qu’à l’équivalent d’une bande de gamins de 8 ans lâchée lousse dans un lab de chimie.


Alors on fait quoi ?


Premièrement, on arrête de faire semblant de vouloir s’attaquer aux problèmes alors qu’en réalité on essaie seulement de gagner du temps qu’on n’a plus


Il faut cesser de nous fabriquer des réalités alternatives au gré de nos intérêts et de nos ambitions. En refusant systématiquement d’aborder ces questions difficiles, nous entretenons une vision tout à fait déformée des enjeux environnementaux. Par le fait même, nous nous déresponsabilisons collectivement en rejetant le fardeau de la preuve sur l’autre pour un crime que nous commettons tous envers les générations qui nous suivront.


Cette faillite morale de l’humanité fait en sorte que nous n’arrivons même plus à distinguer ce qui est bien de ce qui est mal à force de naviguer à travers cet enchevêtrement de zones grises. Dans le discours populaire, chez nos amis les politiciens, dans nos ministères, etc., nous réussissons à nous faire croire que ce qui n’est qu’un abandon de nos responsabilités devient un pas dans la bonne direction.


Et pendant que nous écoblanchissons, pendant que nous « carboneutralisons » à tout vent, pendant que nous « enverdissons » le moindre des investissements, rien ne change vraiment.



Deuxièmement, il faut impérativement se préparer à ce qui viendra


Cet effondrement est bel et bien en marche et ne fera que s’accélérer dans les prochaines années. Les fortes précipitations que nous vivons dans la région depuis le début du mois de juin qui suivent un hiver pour le moins difficile, sont des bons indicateurs de ce qui nous attend. La relative stabilité climatique que nous avons vécue depuis longtemps dans la région est maintenant chose du passé. Nous devons maintenant apprendre à nous adapter rapidement à ces nouvelles réalités.


Heureusement, nous jouissons ici d’un environnement riche en ressources naturelles. Il faut donc en profiter pour développer rapidement une plus grande autonomie au niveau alimentaire et manufacturier. Réapprendre à produire ici ce que nous consommons (à ce sujet, je vous invite à jeter un coup d’oeil à la démarche de FabRégion initiée dans le Bas-Saint-Laurent qui va justement dans ce sens).


Troisièmement, faire d’une pierre deux coups


Nous devons en profiter pour redéfinir notre développement régional pour à la fois faire notre part dans la lutte aux changements climatiques tout en nous préparant à vivre ses conséquences.


Pourquoi tout simplement ne pas accepter de débarquer du train qui est en marche présentement et qui nous mène tous à notre perte ? Un petit pas à la fois, mais au moins faire un pas dans la bonne direction. Pourquoi ne pas décider de redéfinir ici ce que sera pour nous de la croissance dorénavant en nous basant sur une multitude d’indicateurs alignés sur nos valeurs ? Le niveau de bien-être de la population, la santé mentale, l’espérance de vie, le degré de satisfaction par rapport à notre développement, l’impact de ce développement sur notre environnement, notre capacité d’accueil, etc.


Pour y arriver, nous aurons besoin de leaders conscients. Des leaders en mesure de faire du Saguenay — Lac-Saint-Jean un modèle à suivre pour les autres régions du Québec (en passant, comme le disait si justement M. Einstein, il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre).


Tout cela ne changera peut-être pas grand-chose à la finalité de l’histoire, mais nous pourrons au moins nous dire que nous aurons essayé de lutter du bon côté !


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